Pourquoi git me hérisse le poil

Voici un article trollesque en perpective. En fait j’aimerais bien, parce qu’au-delà de doper mes statistiques, ça voudrait dire que git est efficace et que je suis un menteur, donc que je n’ai jamais fait l’expérience que je vais vous relater.

Commençons par une petite définition. Programmer est une activité délicate qui demande beaucoup de concentration, et toute la partie logistique de la programmation, bien que passionnante, doit se faire aussi transparente que possible. Pousser son code quelque part ou ajouter le code de son voisin au sien doit être une étape simple, avec des commandes simples (si on doit regarder la page de man c’est foutu).

Vous n’êtes pas sans savoir que je me suis retrouvé impliqué dans le projet Movim, un réseau social libre basé sur XMPP, lequel utilisait git à l’époque. Il n’y avait qu’un seul dévelopeur, donc le workflow était très simple et n’importe quel VCS aurait fait l’affaire.

Suite à mon arrivée dans le projet, nous avons mit en place un workflow similaire à celui employé dans le noyau linux pour le projet, c’est à dire que chacun travaille sur une feature dans son coin et on merge dans le master (sorte de branche commune au projet) quand c’est mûr. Jusque là rien de compliqué.

Sauf que git ne l’entendait apparemment pas de cette oreille. Ainsi nous perdions environ une heure à chaque merge à essayer de comprendre pourquoi diable git ne voulait pas fusionner nos changements. C’est ainsi que lors d’un merge, les messages d’erreurs de l’outil étaient trop cryptiques pour moi, et donc comme d’habitude quand je suis dépassé, je demande de l’aide. Je me suis pointé sur le salon IRC de git, et quelques bonnes âmes expérimentées ont essayé de m’aider. Sans succès. Au final j’ai décidé de fusionner les deux codes à la main (enfin avec emacs et emerge) puis commiter, très sale mais au bout de 2h face à un mur, on n’est plus à ça près.

Après deux ou trois sorties de Movim à faire face à ce problème sans que la situation s’améliore (oui on pensait que c’était notre faute), nous avons finalement décidé d’arrêter les frais et de tenter le coup avec un autre VCS; n’importe lequel. On nous a chaudement conseillé Mercurial, et Bazaar un peu moins. Mais Mercurial ressemblait un peu à git et chat échaudé craint l’eau froide. Qui plus est j’avais déjà eu l’occasion d’utiliser Bazaar dans un workflow centralisé (comme subversion), et donc connaissais sa versatilité.

Nous avons donc décidé de faire la sortie suivante sur bazaar en synchronisant sur git (au cas où). Et nous avons été ébahi lorsque bazaar ne s’est pas une seule fois plaint, que les conflits étaient très explicitement indiqués et finalement nous sommes passés d’1h par merge à 5 minutes.

Depuis il m’arrive de voir des articles qui vantent les mérites de git contre d’autres, et c’est sûrement vrai qu’il est techniquement très efficace, voire supérieur, mais ce n’est pas un outil fait pour aider le programmeur.

Sommes-nous formattés par nos distributions?

Dans le dernier GNU World Order podcast, le podcasteur parle d’une chose que les distributions GNU/Linux ont réussi à nous imposer. Il s’agit des dossiers « standards » dans les dossiers utilisateur.

Effectivement, il y a quelques années, on se retrouvait avec un dossier HOME tout nu (pas de blague hein!). Puis tout doucement les différentes distributions on commencé à créer les dossiers des utilisateurs avec une structure de base (du genre Musique, Photos, Videos, Documents). Et je me suis aperçu que j’utilisais au départ une structure de dossiers à moi, puis je suis passé sur cette structure par défaut.

Mais en réalité cette structure par défaut n’a pas beaucoup de sens et ajoute en fait à la confusion dans mon dossier personnel. Par exemple je range naturellement tous mes fichiers audio dans Musique, hors beaucoup d’entre eux sont des podcasts ou des enregistrements de conférence. Encore pire pour Documents, qui contient indistinctivement des factures, ebooks et autres pages web sauvegardées.

Un cauchemard pour les back-ups. Donc ne vous laissez pas avoir par votre distro! Rangez vos fichiers dans un ordre logique.

Petit conte du Lundi soir

Il était une fois un pays où un gentil roi rêvait de vivre longtemps et d’avoir beaucoup d’enfants. Lui et sa femme avaient une jolie demeure et coulaient des jours heureux sans rien attendre du lendemain. Seulement, ils ne savaient pas que leur bien-être en obligeait d’autres à souffrir de la faim et du froid. Ils ne pouvaient que l’ignorer, le gentil roi et ses aïeux ayant interdit à leurs sujets de se plaindre quand les choses allaient mal.

Du coup, le gentil couple royal se trouva fort dépourvu lorsqu’une bande de bouseux déguenillés investit un jour leur palais pour promener leurs têtes au bout de piques.

Une fois calmés, les assaillants décidèrent de concert que chacun devait disposer du droit de dire ce qu’il pensait et que le pays serait désormais dirigé par un petit groupe de gens très compétents et sélectionnés par le peuple.

Bien des années plus tard, une compagnie de joyeux magiciens mis au point un outil ensorcelé permettant à n’importe lequel d’entre eux d’écrire des informations sur un parchemin quelconque, informations que le reste de la troupe pourrait lire de son côté et auquel chacun pourrait ajouter des données supplémentaires.

Les magiciens firent grand usage de leur invention et virent nombre de personnes les rejoindre, au point que tout un chacun eut bientôt son propre parchemin enchanté. Les manufactures d’information érigèrent de vastes bibliothèques regroupant des quantités incalculables de parchemins magiques.

Dans un pays voisin, les citoyens fort mécontents commencèrent eux aussi à en avoir assez de leur souverain dur d’oreille, tout en n’osant pas l’affronter par crainte de ses redoutables bâtons à feu. Les parchemins enchantés furent introduit dans leur royaume et leur permirent, avec le soutien du gentil pays et de ses manufactures, de s’échanger des informations stratégiques et de finalement défaire leur souverain.

Pendant ce temps, au gentil pays, les gouvernants commencèrent à s’inquiéter. La situation politique étant tout sauf reluisante et la trésorerie allait de mal en pis. Ils craignirent que leurs propres citoyens ne s’inspirent de leurs voisins et ne recourent à leurs parchemins enchantés pour renverser leurs dirigeants.

Les lecteurs de parchemins aimaient à écouter les chansons que les guildes de troubadours diffusaient par parchemin, mais sans délier leur bourse. On commença à punir les vils lecteurs trop pingres pour payer la dîme. De nouveaux édits furent proclamés, dont le but premier était de repousser les ogres qui appréciaient les petits enfants dodus et qui inspiraient si justement terreur aux mamans, mais qui pouvaient aussi s’appliquer aux auditeurs avares. Ces édits furent récupérés pour museler les fous osant révéler à quel point le pays allait mal et à quel point le conseil des sages était inefficace, faisant passer ces rebelles pour des ogres ou des voleurs afin de mieux les punir.

Lorsque certaines bibliothèques commencèrent à fermer, les croquants, qui appréciaient les parchemins enchantés mais se refusaient à apprendre la magie par oisiveté et confort, se trouvèrent bien ennuyés. Puis leurs propos commencèrent à être épiés et modifiés dans d’autres bibliothèques, à leur insu. Ils auraient bien sûr pu se constituer des bibliothèques personnelles à domicile et ainsi éviter toutes les restrictions, mais c’était trop de travail.

C’est ainsi que le gouvernement, trop faible pour résister aux contraintes politiques et économiques, fut dissout et remplacé par un gentil roi bien intentionné. La première décision duquel roi fut d’interdire aux gens de dire quand les choses allaient mal.

Un grand merci à Manildomin et ingénieur_électronichien pour leur aimable relecture.

La raison de cachée de la fermeture de Megaupload?

Logo de MegauploadIl y a du nouveau dans l’affaire de megaupload.

L’entreprise avait en effet annoncé en Décembre dernier l’arrivée prochaine d’un nouveau service, Megabox, qui aurait permit non seulement aux artistes de diffuser directement leur musique, avec la garantie de recevoir 90% du revenu de leurs ventes mais aussi de leur assurer un revenu sur les téléchargements gratuits.

On imagine aisément le coup de tonnerre d’un tel service. Qu’on puisse offrir un accès aussi aisé à la musique à un prix si bas et des conditions si raisonnables en faveur des artistes démontrerait que les vendeurs de musique en ligne (iTunes etc.) se payent notre tête depuis plusieurs années. C’est un peu comparable à Free mobile dans l’environnement des marchands d’abonnements.

Megaupload n’est sûrement pas tout blanc, et leur service tenait peut être du vaporware (ou pas). On peut tout de même trouver particulièrement étrange le comportement de la justice Américaine dans l’affaire, d’autant plus que cela coincide étrangement avec l’annonce de leur service de musique en ligne, qui se serait posé en compétition des producteurs existants, et les forçant sûrement à casser leurs prix.

Comme toujours, la vérité est ailleurs…

SOPA et PIPA refusées

Bonne nouvelle pour tous les amateurs de liberté, SOPA et PIPA ont été refusées par le congrès américain. Le vote fut très influencé par le blackout.

Ce fut la plus grande manifestation en ligne jusqu’ici, et 13 millions d’électeurs américains ont appelé le congrès contre ces lois.

La MPAA fut choquée; le boss de la la MPAA, ancien sénateur Chris Dodd a déclaré:

Ce fut un bataille complètement différente tout d’un coup. PIPA et SOPA étaient considérées dans la poche.

Il alla jusqu’à comparer les manifestation au printemps Arabe, « C’est quelque chose d’entièrement nouveau » dit-il. Il ne se souvenait pas avoir vu « un effort avec ce niveau de support changer si dramatiquement » depuis ces derniers quarante ans.

Merci à tous pour votre soutient, mais gageons qu’ils ressortiront les mêmes lois édulcorées dans le futur. Nous devons être prêts à recommencer!

Email original reçu de fightforthefuture.org:

Hi everyone!

A big hurrah to you!!!!! We’ve won for now — SOPA and PIPA were dropped by Congress today — the votes we’ve been scrambling to mobilize against have been cancelled.

The largest online protest in history has fundamentally changed the game. You were heard.

On January 18th, 13 million of us took the time to tell Congress to protect free speech rights on the internet. Hundreds of millions, maybe a billion, people all around the world saw what we did on Wednesday. See the amazing numbers here and tell everyone what you did.

This was unprecedented. Your activism may have changed the way people fight for the public interest and basic rights forever.

The MPAA (the lobby for big movie studios which created these terrible bills) was shocked and seemingly humbled. “‘This was a whole new different game all of a sudden,’ MPAA Chairman and former Senator Chris Dodd told the New York Times. ‘PIPA and SOPA were considered by many to be a slam dunk.’”

“’This is altogether a new effect,’ Mr. Dodd said, comparing the online movement to the Arab Spring. He could not remember seeing ‘an effort that was moving with this degree of support change this dramatically’ in the last four decades, he added. »

Tweet with us, shout on the internet with us, let’s celebrate: Round of applause to the 13 million people who stood up – #PIPA and #SOPA aretabled 4 now. #13millionapplause

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We’re indebted to the people who helped in the beginning — you, and the sites that trusted us — Boing Boing and Mozilla Foundation! And the grassroots groups — Public Knowledge, Electronic Frontier Foundation, Demand Progress and Fight for the Future. Press release is here: http://bit.ly/w4DYz0 and https://fightfortheftr.wordpress.com/press-releases/

13 million strong,

Tiffiniy, Holmes, Joshua, Phil, CJ, Donny, Douglas, Nicholas, Dean, David S. and Moore, Fight for the Future!